Trop, c’est trop !
16 décembre, 2012   //   Par :   //   a chaud, societe / culture   //   27 commentaires   //   3395 Vues

ou quelques épisodes de cathophobie …

Je n’aimais pas le mot … je ne voulais pas y croire … élevé au lait des jésuites, j’ai toujours tenté – autant que faire se peut – de sauver les propositions.

Mais depuis quelque temps, le discrédit jeté sur l’Église Catholique en France s’accentue. On me dira ce qu’on veut, depuis quelques mois souffle un je-ne-sais-quoi de laïcisme. La laïcité à la française avait trouvé un équilibre. Les différentes sphères de la société étaient respectées. On ne trouvait pratiquement plus personne pour nous dire que les curés devaient rester dans leur sacristie et ne pas s’occuper ou s’exprimer sur les problèmes de sociétés. D’ailleurs, grâce à certains, on le voit bien : s’engager auprès des pauvres, ça serait permis … mais ouvrir nos lèvres (pour ne pas dire autre chose) sur d’autres sujets … cela serait interdit ! Il suffit d’un peu de jugeote pour voir que ce « système de pensée » ne tient pas la route.

Il y a eu très récemment l’épisode de la Cathédrale de Narbonne. Un professeur d’Histoire-Géographie d’un établissement public organise une visite guidée de la Cathédrale mais prévient ses élèves : aucun signe de croix à l’entrée du bâtiment religieux ou alors « 3h de colle ». Un élève, pourtant, se signe à l’entrée, dans le total respect de ses croyances et sans, bien évidemment, l’imposer aux autres. Que serait-il passé pour la visite d’une mosquée ? L’enseignant aurait-il obligé ses élèves à garder ses chaussures ? La visite n’aurait pas été permise, à raison, par les autorités religieuses. Que serait-il passé pour la visite d’une synagogue ? L’enseignant aurait-il obligé ses élèves à garder la tête nue plutôt que se couvrir ? La visite n’aurait pas été permise, à raison, par les autorités religieuses. Là, nous ne demandons pas que tous les enfants se signent évidemment ! Mais la laïcité ne signifie-t-elle pas respect et accueil des différences plus que nivellement par le bas de l’athéisme ? Une laïcité sans croyances n’est pas, en effet, « tolérance » mais « athéisme ». Or, pardon, mais l’athéisme n’est-il pas une croyance ? Si je ne peux prouver que Dieu existe ; peut-on prouver que Dieu n’existe pas ? L’un et l’autre partent d’un acte de foi ; d’une croyance. La laïcité serait-elle devenue une religion unique ?

On le voit bien, à travers ces petits épisodes, qu’un mouvement de fond s’installe. On nous ressort sans cesse les vieux poncifs classiques de l’inquisition, de Galilée, de la pédophilie, et j’en passe ! A cause de cela, nous n’aurions pas droit à la parole et nous devrions nous taire, enfermés dans notre supposé manque de crédibilité.

Mais puis-je poser une question politiquement incorrecte ? Oserai-je ? Interdira-t-on à un américain de parler d’écologie en 2013 parce qu’Hiroshima, c’est eux ? Interdira-t-on à un allemand de s’exprimer au sujet de l’Europe et de sa construction à cause du passé de son pays ? Interdira-t-on à un français de s’exprimer au regard de notre passé troublé, nous aussi ? Il est des arguments qui ne tiennent plus et qui fatiguent à force !

article_photo_1355586846314-1-HDOn nous traite d’homophobes sous prétexte que nous nous opposons, pacifiquement, au « mariage pour tous ». Être contre une loi, un projet, veut-il dire nécessairement que nous faisons de la discrimination ? Dans ce cas, expliquez-moi en quoi ce professeur de Narbonne n’a-t-il pas fait de la discrimination envers les chrétiens ? Là, on nous dira que c’est de la laïcité et de l’échange d’opinion.

Il y eut aussi les auditions à l’Assemblée nationale par le rapporteur Erwan Binet. Je ne reviens pas ici sur le déséquilibre de temps : 2h pour les six grands responsables religieux de France ; combien pour les mouvements et autres lobbyings pro-« mariage pour tous » ? Tout le monde s’accorde à pointer le contraste. Durant cette audition, le député du Calvados Alain Tourret, PRG, a violemment attaqué le cardinal Vingt-Trois et derrière lui tous les catholiques. Même le Grand Rabbin, Gilles Bernheim, fit part de son indignation devant la violence du réquisitoire contre le cardinal. Était-ce une audition ou un tribunal ? L’élu expliqua que «  toutes les Églises se sont appuyées sur la cellule familiale pour asseoir leur pouvoir sur la société », et continue sur le terrain du Droit Canonique pour constater soi-disant que l’institution du mariage civil évacua le mariage religieux après la Révolution. Selon lui, l’Église «  s’est trompée à chaque fois  » sur les questions de société, et la fracture qui la sépare désormais de l’opinion est «  totale  ». En déplorant implicitement l’élection de Benoît XVI, il termine à l’adresse du Cardinal, devant des responsables religieux ébahis  : « Vous lancez vos troupes  ; vous lancez vos évêques  ; vous allez lancer vos catholiques s’il en reste  ; (…) Allez-vous encourager les manifestations dans la rue comme au moment de l’école libre  ? »

Comment appeler cela, si ce n’est de l’attaque gratuite et déplacée dans l’enceinte d’un parlement qui doit représenter tous les Français sans exception ? On nous enseigne constamment à ne pas discriminer, et à juste titre ! Doit-on définir cela autrement ?

Et il y eut de plus un des derniers en date : ce soupçon levé par le journal La Croix. Selon ses informations, le rapport de Monsieur Vincent Berger, président de l’Université Paris Diderot, qui sera remis ce lundi 17 décembre au gouvernement, reprend l’une des 121 préconisations qui ont émergé des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche qui ont eu lieu cette année. La proposition n° 19 était la suivante : « Annuler l’accord signé le 18 décembre 2008 entre la France et le Vatican et portant sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur ». Une attaque en règle de plus contre l’Eglise et son institution.

A-QMbK9CIAETgoF.jpg-largeIl faut enfin ajouter à cela (mais la liste n’est pas exhaustive …) les attaques contre les chrétiens en particulier qu’il y eu à la manifestation pro-mariage-pour-tous du 16 décembre. Ces attaques, vous en conviendrez, ont été d’une violence inouïe. Les slogans traînaient plus bas que terre : « les curés dans les diocèses, nous on baise ! » ; « Priez pour nous, on baise pour vous » ; « pour un hétéro, une balle ; pour une famille une rafale » ; j’en passe et des meilleurs ! Saint Nicolas fut défiguré et raillé (et à travers lui, les symboles chrétiens bien évidemment). Et même Madame Le ministre Dominique Bertinotti s’y est mise en considérant, dimanche au JDD, que tous les opposants au mariage pour tous étaient homophobes !

photo 2Si les chrétiens avaient eu cette même violence dans leurs expressions démocratiques envers les personnes homosexuelles, les condamnations politiques auraient fusé de toutes parts, et de manière légitime ! Et là ? Où sont-elles les condamnations de ces propos injurieux et haineux ? Il est inadmissible que des personnalités, publiques ou privées, soient prises à partie de cette manière. Qu’avons-nous dit ou fait qui mérite un tel traitement médiatique ?

photo 3« On veut le droit au divorce et le droit à l’adultère »; « nous aussi on veut congeler nos bébés »; « mieux une paire de mères qu’un père de merde »; « on veut la PMA on vous laisse le PMU » sont autant d’arguments de haut vol entendu aujourd’hui ou ces derniers jours. Plus largement, le débat doit-il être à niveau ? J’attendrai des pouvoirs politiques qu’ils condamnent fermement de tels procédés et de telles injures publiques. Qu’ils recentrent le débat ou qu’ils le permettent vraiment. Qu’en sera-t-il ? Le Président Hollande avait dit qu’il ne voulait pas d’une loi qui diviserait les Français. Après de telles attaques ad homimem, on prend conscience qu’elle divise d’une part, et que la violence monte, d’autre part. Encore faudrait-il pouvoir le reconnaître.

Comment ne pas penser qu’un mouvement de brimade et d’humiliation envers les croyants, et plus particulièrement les chrétiens, est en cours, faisant son lit progressivement et tranquillement ? Je l’ai dit au début : je n’ai pas voulu croire ou aimer ce mot de « cathophobie ». L’Église a toujours grandi dans la persécution. Son maître lui a enseigné le chemin et ne lui en a pas indiqué d’autres. L’évangéliste saint Jean nous le rappelle :

« Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite:  Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi : s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre » (Jean 15, 18-20)

Je ne veux pas tomber dans le « caliméro-isme » (j’aime bien les néologismes !). Jouer les Caliméro n’est pas mon style ; jouer les saints-tièdes non plus, d’ailleurs. Mais dans « caliméro-isme », il y a « éro-isme »… Je laisse au Christ de juger si ce que nous vivons est pour sa Gloire et pour un meilleur bien. Je veux juste attirer l’attention, avec d’autres, que les temps qui nous attendent seront rudes.

Il y en a marre d’être pris à partie sans rien dire. Il y en a marre qu’on nous refourgue sans cesse ces arguments tout faits qui font bien dans les diners mondains, avec lesquels on peut se permettre de ridiculiser et railler les autres. Mon Église est belle ; elle n’a rien à envier à vos républiques et vos démocraties qui ont autant de choses à se reprocher dans l’histoire que les religions qui n’ont pas toujours, je le concède volontiers, donné l’exemple.

Ne peut-on pas avoir des débats sereins et paisibles dans ce pays ? Ne peut-on pas réfléchir ensemble aux problèmes de sociétés sans forcément se faire injurier et ridiculiser comme si nous étions des Français de seconde classe ? Notre devise patriotique « Liberté, Egalite, Fraternité » ne vaut-elle que pour une catégorie de français dont la condition principale serait d’être athées ou à la limite agnostiques ? Il me semblait que cette devise s’adressait à tous, sans distinction de religions, de races et de croyances ? Notre pays deviendrait-il une dictature de la pensée unique où l’idéologie prime sur le débat et l’échange d’opinions ? Je n’ose le penser ; nous serions tombés bien bas.

P. Cédric Burgun +

27 commentaires pour “Trop, c’est trop !”
  • venot
    16 décembre 2012 -

    Quelle recativite merci oui y en marre

  • MARCO
    16 décembre 2012 -

    Merci mon Père!

    Ras-le-bol !!!
    Encouragez les jeunes à se former aux techniques de communication, c’est le champ de bataille d’aujourd’hui, le vrai.

    AMDG

  • Hugues Foucault
    16 décembre 2012 -

    Bravo ! D’une justesse incroyable. Merci l’Abbé !

  • Guy-Noël LHUILLIER
    17 décembre 2012 -

    merci pour ce témoignage; il faut se battre pour affirmer nos valeurs et nous le faisons par tous les moyens, manifestation à Bordeaux, témoignages sur Internet etc.
    La vérité sera la plus forte.

  • Moreau Nathalie
    17 décembre 2012 -

    Merci Cédric nous devons nous faire entendre.

  • Jouart
    17 décembre 2012 -

    Très bon billet,oui trop c’est trop!

  • Victor
    17 décembre 2012 -

    « Or, pardon, mais l’athéisme n’est-il pas une croyance ? Si je ne peux prouver que Dieu existe ; peut-on prouver que Dieu n’existe pas ? L’un et l’autre partent d’un acte de foi ; d’une croyance. La laïcité serait-elle devenue une religion unique ? »

    Non. L’athéisme se base sur les faits, la raison, des éléments tangibles et vérifiés, ce n’est pas un acte de foi. Et c’est à celui qui allègue l’existence de quelque chose de le prouver (Dieu en l’espèce), et non pas l’inverse. Un peu d’honnêteté intellectuelle tout de même.

    • JST
      17 décembre 2012 -

      Vous pouvez me citer les « éléments tangibles et vérifiés » qui, selon vous, prouvent la non-existence de Dieu ?

      • Thomas
        17 décembre 2012 -

        « c’est à celui qui allègue l’existence de quelque chose de le prouver (Dieu en l’espèce), et non pas l’inverse »

        je ne fais que citer celui a qui vous répondez 😉

        en l’occurrence sa pensée était (je crois) : aucun fait tangible et vérifié ne prouve l’existence de dieu, donc il n’existe pas. Et c’est le fondement de l’athéisme, qui n’est pas une croyance, mais une absence de croyancte !

        • Sarah
          17 décembre 2012 -

          Se baser sur l’expérience du monde sensible (« je ne vois pas Dieu, donc Il n’existe pas ») est biaisé : la simple raison, la philosophie nous enseigne l’existence du Premier moteur, de l’Etre nécessaire…

          Enfin, les arguments n’ont jamais converti personne, même si cela peut amener quelqu’un sur le chemin.
          Il faut arrêter de se cacher derrière la raison, car cette dernière est loin d’être un obstacle à la foi…

          • Marc
            18 décembre 2012 -

            Le matérialiste ne croit qu’à la matière, sans trop savoir ce qu’est la matière et n’est pas dérangé d’être dans le tout, en expansion dans le rien depuis un moment où le temps n’existait pas jusqu’à un moment où le temps n’existera plus. Si cela n’est pas une croyance, on se demande ce qu’est une croyance! A l’inverse, on peut postuler que l’Univers a un sens et que, par notre pensée, nous y avons une place non marginale. Cela se nomme l’espérance. Je préfère les imbéciles heureux aux imbéciles malheureux. Question de goût. Ne croyez vous pas?

  • Marie-Gabrielle
    17 décembre 2012 -

    Merci pour ce beau billet…
    Croyante depuis l’enfance, j’ai délaissé l’Eglise depuis plusieurs années…
    Mais, paradoxalement, toute cette cathophobie me redonne l’envie de revenir à elle.
    Et cette année, alors que je n’y suis pas allée depuis longtemps, j’irai à la messe de Noël et cet office, si chaleureux et émouvant, aura un échos tout particulier, et particulièrement fort, pour moi.
    J’aime mon Dieu, je crois en Lui et je suis fière d’appartenir à sa famille.

  • Clotilde
    17 décembre 2012 -

    Merci mon Père!!!! cela fait du bien de lire ces lignes!

  • Manuel Atréide
    17 décembre 2012 -

    Ainsi l’époque est à la cathophobie … La nouvelle évangélisation sera-t-elle accompagnée de nouvelles vagues de persécutions ? Vous n’êtes pas en odeur de sainteté partout, c’est une évidence.

    Il s’agit cependant de rester un peu calme. Certains slogans dans les manifs ont un niveau au ras des paquerettes ? C’est un des rites du genre. On peut le déplorer mais de là à en faire une attaque aussi inacceptable qu’énorme, il y a un pas que vous pourriez vous garder de franchir. Au surplus, l’une de vos photos montre un slogan qui n’a rien à voir avec la choucroute, le panneau en question rappelle l’affaire Courjeault et si la malheureuse famille est une fois de plus ramenée à cette tragédie, cela n’a rien de « cathophobe ». « On veut la PMA, on vous laisse le PMU », c’est cathophobe ?

    Autant je peux comprendre que certains,slogans vous visant explicitement ne vous aient pas fait plaisir, autant là vous êtes sur une pente glissante : on ne peut pas réclamer un droit – légitime, je m’empresse de le dire – à la parole, et s’étouffer de colère quand des gens vous font savoir leur désaccord avec vos positions. C’est une dure leçon que les LGBT ont apprise avec le PaCS : les opposants hésitent rarement à patauger dans l’insulte pour clamer leur point de vue. « Les curés dans les diocèses, nous on baise », cela vous offusque ? Attendez le classique « les curés au bucher » ! Vous allez adorer caliméro-iser … Personnellement, je m’en souviens encore. Cela dit, on ne vous a pas beaucoup entendus, amis catholiques, à l’époque, pour dire que cela etait inacceptable.

    Et puis, injure pour injure, on ne vous entend toujours pas beaucoup maintenant lorsque de bonnes âmes, parfois issues de vos rangs – mais pas toujours – n’hésitent pas à dire que l’homosexualité conduit à la polygamie, la pédophilie, au retour à la peine de mort, à la relégalisation de l’esclavage, que l’ouverture du mariage aux couples de même sexe est une menace directe pour le genre humain. Rien que cela ! Le réchauffement climatique est une menace directe pour notre espèce, la prolifération nucléaire en est une autre. Mais notre accès au mariage ? J’en rirai si quelque part le coup n’avait pas, une fois de plus porté si fort chez les jeunes LGBT.

    Ce qui me navre dans cette histoire, c’est l’envie générale d’en découdre de part et d’autre. On ne rêve que de confrontation, de bataille, on se motive à coups de « cette fois c’en est trop », « là ils vont trop loin ». Plusieurs manifs d’oposants comme de partisans à la réforme vont se dérouler en janvier, va-t-on en venir à se taper dessus à coups de pelle ? Se tirer dessus à coups de fusils ? Combien de morts faudra-t-il pour laver l’affront ?

    On pourrait attendre un discours plusadulte et plus responsable de la part d’un prêtre. Je ne vous demande pas de mettre vos convictions dans votre poche, je préfèrerais en revanche que vous en appeliez à votre raison et à votre foi pour mettre en place et maintenir coute que coute un dialogue. J’aurais du mal à en arriver au refus de la réforme mais je pense tout de même que vous avez des choses intéressantes à dire. Vous ne m’en voudrez pas j’espère, d’être plus intéressés par ces arguments que par vos arguties un brin chouineuses, si toutefois je peux le dire sans être immédiatement taxé de cathophobie …

    Allez donc faire un tour à l’association David et Jonathan, elle regroupe certains de vos frères et soeurs catholiques et homosexuelsqui crèvent de ne jamais être entendu(e)s. Invitez les aux Bernardins pour discuter et, soyons audacieux, profitez-en pour inviter aussi les associations LGBT. Un vrai débat, sans fard mais sans insulte, de haut vol, dans cette institution, n’est-ce pas en définitive une réponse un peu audacieuse mais pas si idiote que ça à vos demandes de débats et de propos respectueux ? Le travail de l’assemblée nationale ne vous plait pas ? Organisez le chez vous.

    Ce serait là un mouvement surprenant, mais aussi une réelle ouverture du dialogue. Vous ne tomberez sans doute pas d’accord avec vos interlocuteurs à la fin, mais au moins, vos propos auront été entendus. On peut se parler et se respecter sans être du même avis. Ça évite déjà de tomber dans le caliméro-isme qui n’est, tout de même, pas une attitude très glorieuse pour un adulte. Prêtre ou non !

    Cordialement, M.

    • Cédric
      17 décembre 2012 -

      merci pour votre long message, cher monsieur. Je m’exprimais justement pour dire que la « violence » n’est jamais la bonne réponse. Or, là, on n’a pas de débat mais uniquement des slogans verbeux et haineux. J’appelle justement à un dialogue et un débat plus élevé, d’où mon coup de gueule ; je vous rejoins complètement quand vous dites que « je préfèrerais en revanche que vous en appeliez à votre raison et à votre foi pour mettre en place et maintenir coute que coute un dialogue ». C’est ce que j’appelle de mes voeux : je n’arrête pas de dire que le débat doit être plus élevé que cela !

      • Manuel Atréide
        18 décembre 2012 -

        Je suis heureux mon père de lire que le dialogue est une attitude qui vous tient à coeur. Vous êtes à Paris, à l’Institut Catholique, visiblement. Pourquoi ne pas nous rencontrer ? Je ne sais si c’est possible mais si c’est le cas, c’est avec plaisir que je vous serrerai la main avant de discuter tranquillement de nos divergences – mais aussi de ce qui nous rapproche.

        La vie est ainsi faite que nous avons des choses à nous dire surtout lorsque nous sommes en désaccord. Le dissensus dans un groupe est toujours utile – il évite la dissolution dans une communauté de pensée synonyme d’immobilisme – s’il se construit dans un respect mutuel. Et si nous devons commencer par une séance réciproque de caliméro-isme, nous pourrons au moins confronter nos craintes respectives et, qui sait?, échanger nos coquilles au moment de nous séparer.

        Une dernière chose : les LGBT ont beaucoup de choses à apporter à l’Eglise. Je n’ai pas compris la décision du pape Benoit XVI sur l’admission d’homosexuels dans les séminaires. Je suis d’autant plus surpris que le pape fait preuve par ailleurs d’une capacité à étonner et à prendre de court celles et ceux qui voudraient le ranger dans une catégorie bien confortable, qu’ils soient athées, progressistes ou conservateurs. Bref.

        L’invitation est donc lancée. Je ne m’offusquerai pas d’un non, je me réjouirai d’un oui.

        Cordialement, M.

    • Pierre
      17 décembre 2012 -

      Merci pour votre article salutaire.

      • Sophie
        18 décembre 2012 -

        Tout à fait d’accord! Et je pense que des dérapages il y en a plus eu du côté des anti mariage pour tous que de l’autre… Par contre, je ne comprends pas, moi non plus, pourquoi il a été interdit aux élèves de faire le signe de croix en entrant dans la cathédrale. Dans ce cas autant ne plus faire de visite de monuments religieux… Et c’est une agnostique qui vous dit cela! Comme quoi le dialogue est possible.

  • Irène
    17 décembre 2012 -

    Père, totalement d’accord avec vous. L’Eglise a bon dos en ce moment. Au prétexte qu’elle est notoirement pardonneuse, non-violente et qu’elle tend la joue gauche, d’aucuns se sentent autorisés à la prendre pour punching-ball.
    Moi, je veux bien qu’on s’en prenne aux religions, mais dans ce cas, qu’on distribue équitablement les blâmes : un peu pour le catholicisme, un peu pour le judaïsme, un peu pour l’islam, une louche pour le bouddhisme, etc… Cet acharnement d’arrière-garde, qui sent sa naphtaline anticléricale du début du XXème siècle, est consternant de partialité.
    D’un autre côté, les gens voient bien que le traitement n’est pas égal et, s’ils ne partagent pas l’esprit sectaire de l’extrême gauche, ils en sont généralement offusqués ; même des athées laïcards qui, a priori, ne vous aiment pas trouvent que la blague a assez duré. Si vous êtes seuls à prendre les coups, vous êtes aussi les seuls à gagner des soutiens.

  • Meril
    17 décembre 2012 -

    Je suis d’accord avec vous. Les debats d’opinions sont la seule chose qui permettent de faire avancer les choses. Ce sont nos differences qui font nos richesses, et c’est justement lorsqu’il n’y a plus d’opposition qu’il y a danger.

    J’ai senti depuis quelques annees la pression de la societe contre mes croyances. Presque chaque semaines il y a un nouveau pretexte pour railler les catholiques. Lorsqu’on a des paroles aggressives envers un juif, on commet un acte d’antisemitisme. Lorsque c’est envers un musulman, on commet un acte raciste. Mais lorsque c’est envers un chretien, ce n’est pas grave. C’est meme de bon ton de nos jours.

    Comme vous l’avez tres justement dit, ce genre de comportement aggressif ne date pas d’hier. C’est bien dommage que cela evolue aussi lentement. On pourrait croire qu’au vingt-et-unieme siecle et dans un pays ou la laicite est inscrit dans la constitution ce genre de comportement envers n’importe quelle croyance ne serait pas autant tolere.

    Merci pour ce billet.

    • Sophie
      18 décembre 2012 -

      La religion catholique est beaucoup plus privilégiée niveau laïcité. Les monuments catholiques peuvent être entretenus sur des fonds publics parce que datent d’avant loi de 1905. Mosellane, je peux vous dire que les juifs et les chrétiens sont beaucoup plus privilégiés que les musulmans (la religion étant quasi inexistante à l’époque du concordat et donc non reconnu et protégé par celui-ci) en Alsace Moselle . Mais je suis tout à fait pour rétablir l’égalité dans tous les domaines (financements, lien avec l’action publique en général) et mettre en place des sanctions contre des propos « cathophobe ». Au moins l’égalité résidera partout.

  • chesneau Lucette
    17 décembre 2012 -

    Je ne critique pas votre foi, car je la respecte. Je ne suis plus croyante, mais j’ai une morale, et celle-ci oriente ma vie depuis des anées.
    Comme vous, je suis outrée d’entendre autant de grossièreté, de bassesse de la par des élus (qui devraient montrer l’exemple) et surtout des médias !!
    L’information est une bonne chose, mais aujourd’hui, ce nesont plus des informations, mais des orientations afin de monter les personnes les unes contre les autres.
    Je pense que si chacun savait respecter l’autre, nous vivrions dns un monde meilleur.
    Cordialement.

  • Teef Fermon
    17 décembre 2012 -

    J’ai bien peur que vos dernières phrases soient justes :
    « Notre pays deviendrait-il une dictature de la pensée unique où l’idéologie prime sur le débat et l’échange d’opinions ? Je n’ose le penser ; nous serions tombés bien bas. »
    Quand on tracte, quand on discute sur la question du mariage pour tous, les propos des personnes favorables sont graves et font peur… Mais je crois aussi à beaucoup de blessures chez ces personnes, comment peut on leur dire que nous voulons le respect de la famille composée d’un père, d’une mère et d’enfants alors que ces gens là ont vécu ou vivent des situations complètement étrangères à ces repères familiaux, et ils en souffrent… peut être trouvent ils odieux que certains aient la chance d’être aimés et d’avoir des repères qui permettent de se construire…?

  • Pauline
    17 décembre 2012 -

    Prêtre, instrument du Père!

  • jib88
    5 janvier 2013 -

    Hello,

    j’ai eu connaissance de ce blog par la reprise de La Vie dans l’article suivant :

    « Laicité, le gouvernement en fait-il trop ? »
    http://www.lavie.fr/chroniques/chretiens-en-debats/laicite-le-gouvernement-en-fait-il-trop-03-01-2013-34673_290.php#debat

    J’ai deux remarques :

    1)Vérifier vos infos
    Je voulais avertir sur le fait quand dans cet article, je vois que l’on utilise une information non vérifiée, à propos « des 3 heures de colles » de Narbonne.

    Le journal Sud-Ouest avait quand à lui pris des pincettes :
    http://www.sudouest.fr/2012/12/08/signe-de-croix-et-heures-de-colle-la-polemique-enfle-a-narbonne-903455-7.php#xtor=RSS-10521769

    L’information vient de Novopress. Qui sont-ils ? D’ou parlent-ils ?

    Une telle info est-elle seulement vérifiée ? Bien sûr cela met de l’eau au moulin de votre argumentation.

    2) Précision philosophique :
    vous écrivez :
    « Une laïcité sans croyances n’est pas, en effet, « tolérance » mais « athéisme ». Or, pardon, mais l’athéisme n’est-il pas une croyance ? Si je ne peux prouver que Dieu existe ; peut-on prouver que Dieu n’existe pas ? L’un et l’autre partent d’un acte de foi ; d’une croyance. La laïcité serait-elle devenue une religion unique ? »

    Votre raisonnement est approximatif. L’ « athée » ne cherche pas à montrer que « dieu » n’existe pas. Il n’en a pas besoin. Pour reprendre Lavoisier : « dieu est devenu une hypothèse inutile ». Et je ne pense pas que l’athée fasse preuve d’un acte de croyance « positive » dans son incroyance. Il garderait son plutôt son énergie pour autre chose.

    • Cédric
      5 janvier 2013 -

      Ce que vous décrivez comme l’athéisme est en fait de l’agnosticisme. Lui ne s’intéresse plus à la question de l’existence de Dieu. L’athée, quant à lui, croit que Dieu n’existe pas.