« Et si on se mariait ? Comment savoir si on est prêt ? » (éditions de l’Emmanuel)
12 septembre, 2014   //   Par :   //   eglise, droit canonique, interventions, livre, societe / culture   //   5 commentaires   //   10976 Vues

Lorsqu’une thérapeute de couples (Bénédicte Lucereau, du Cabinet « Mots Croisés » à Paris) rencontre un prêtre canoniste engagé de nombreux accompagnement de couples (préparation au mariage, nullités, etc.) … le projet est né il y a un an avec le désir d’aider les couples, concubins ou non, qui se posent la question de l’engagement et du mariage : quelles questions se poser ? comment se les poser ?

Nous venons donc de publier cet ouvrage : Et si on se mariait ? Comment savoir si on est prêt ? (Bénédicte LUCEREAU & Père Cédric BURGUN, Éditions de l’Emmanuel, 2013, 176 p., 18€ ; commande possible en ligne ici : http://www.librairie-emmanuel.fr/A-122640-et-si-on-se-mariait.aspx).

Et-si-on-se-mariait (LUCEREAU-BURGUN)

Nous voulons aider tous ces couples en leur redonnant de l’espérance ! Tous, loin de l’Église ou non, attendent, nous le savons, une parole sur ce qu’ils vivent et sur ce qu’il est possible de vivre, mais ne savent pas comment aborder les choses. Cette génération peut être comme « déprimée » par rapport à l’engagement ; mais elle a besoin d’espérer, y compris sur notre humanité. Un jeune homme me témoignait récemment qu’aucun couple dans sa famille n’avait tenu et qu’il avait besoin d’une parole d’espérance et de vérité qui l’aide dans sa vie de couple : « suis-je enfermé dans cette spirale divorcialiste ? » ; « suis-je condamné à divorcer moi aussi ou peut-on m’aider à retrouver confiance ? ».

Comme le dit le pape François dans Lumen Fidei, l’amour est « une marche (…), un abandon de la fermeture en son propre “moi” pour aller vers l’autre personne, afin de construire un rapport durable » (Lumen Fidei, n° 27). Mgr Brouwet a choisi ces mots comme introduction de ce livre coécrit avec Bénédicte Lucereau. Nous savons que le questionnement sur le mariage est le commencement d’une marche vers l’autre et que cette marche est un chemin d’humilité. Alors que notre culture contemporaine conduit plutôt à l’affirmation de soi, au désir d’indépendance, à l’autoconstruction et à la prétention d’invulnérabilité, nous voulons réaffirmer et montrer que ce chemin d’humilité, cette marche vers l’autre exige un véritable décentrement de soi. Et c’est justement l’attitude que nous voulons suggérer dans ce livre, comme pour « guérir » tous les fiancés, les amoureux mêmes, d’un mirage : celui de l’amour-sentiment, d’un amour romantique (sentiments beaux en soi, mais qui n’aident pas à construire un engagement de couples si l’on fonde son engagement uniquement sur eux). Nous leur proposons de s’ouvrir à l’humble construction d’une relation fondée sur la vérité de ce qu’ils sont.

Nous avons voulu ce livre comme une « bonne leçon de réalisme », selon les mots de Mgr Brouwet qui a eu la sympathie de préfacer notre ouvrage.

« Sans vérité l’amour ne peut pas offrir de lien solide, il ne réussit pas à porter le “moi” au-delà de son isolement, ni à le libérer de l’instant éphémère pour édifier la vie et porter du fruit » (Lumen Fidei, n°27).

Dans cet ouvrage, nous invitons donc les couples qui se posent la question de l’engagement à faire la vérité sur eux-mêmes, c’est-à-dire à oser mettre en lumière ce qu’ils n’ont parfois jamais appris à regarder en face : leurs attentes profondes, leurs motivations inconscientes, l’histoire de leurs relations, leurs forces personnelles ; mais également ce à quoi ils devront renoncer. C’est en se connaissant eux-mêmes qu’ils pourront se projeter dans l’avenir et construire une relation solide.

Pour chacun d’entre nous, et d’ailleurs dans quelques engagements que ce soit, cela passe d’abord par l’acceptation de ses fragilités. Il est parfois angoissant d’avoir à regarder ce dont on n’est pas fier, ce que l’on préférerait cacher à l’autre pour se montrer sous un jour plus avenant : ses faiblesses, ses défauts de caractère, les aspects fragiles de sa personnalité, ses péchés … Le premier acte de confiance dans un couple est alors de se montrer avec sa part de vulnérabilité. « Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire » (Col 3, 13) dit saint Paul. L’amour consent toujours à porter les fardeaux de l’autre et à continuer à avancer malgré les blessures et les doutes que l’on rencontre inévitablement.

La communion conjugale suppose, de manière très paradoxale, d’assumer sa part de solitude : le mariage ne dispense pas de rester soi-même, d’avoir une vie propre et d’exister en face de l’autre. Pour cela, il est donc nécessaire de faire le deuil d’un rêve de fusion qui, au fond, nous protègerait d’un face-à-face avec nous-mêmes. Et l’approfondissement du sens et des conditions du mariage peut être un temps propice pour relire l’histoire de nos relations avec nos parents, nos frères et sœurs, nos amis, nos éducateurs, afin de comprendre ce qui nous pousse vers l’autre, ce que nous recherchons en lui, ce que nous en attendons, et ce que nous ne devons pas en attendre.

Bref, la démarche qui pousse vers l’autre dans un engagement demande de la patience. Patience pour aller à la découverte de l’autre : personne ne se dévoile en quelques semaines. La personne aimée sera toujours un mystère ; toute la vie. Suis-je prêt à partir à cette découverte ? Il est bon que l’autre reste, pour une part, ce mystère parce que l’amour disparaît le jour où l’aimé est réduit à une équation, le jour où l’on prétend le cerner en quelques formules. Se poser la question du mariage, c’est permettre à l’autre de dévoiler cette part de mystère.

Certes, les mots fragilité, solitude, motivations cachées, patience, n’entrent pas, en général, dans l’idée que l’on se fait de l’engagement et du mariage. Ils peuvent faire peur. Pourtant, ils sont nécessaires pour commencer l’itinéraire qui mènera à une véritable décision : celle de se marier (ce en quoi nous croyons évidemment) et se marier avec une personne précise, qui a elle-même son histoire. Ce moment de la décision est indispensable. Or, bien souvent, il est difficilement repérable dans l’histoire d’amour des couples. Comme si, au fond, la responsabilité de faire un véritable choix avait voulu être évitée.

Nous avons voulu rédiger des exposés clairs, courts, illustrés d’exemples et nous proposons aussi aussi d’interrompre la lecture pour prendre le temps de répondre à des questions plus personnelles pour intégrer ainsi les étapes de ce questionnement vers le mariage.

Nous proposons cet ouvrage non seulement à tous les couples qui se posent ces questions ; mais à ceux qui les accompagnent éventuellement (en préparation au mariage ; leurs parents ou amis, etc.). Au fond, il pourra servir de base à une réflexion plus large que le simple cadre de la préparation au mariage.

Père Cédric Burgun

à partir de la belle préface de Mgr Nicolas Brouwet,
évêque de Tarbes et Lourdes

Plan du livre : 

  • Introduction. « Deux cœurs qui s’aiment… »
  • Chapitre 1. Qu’est-ce que l’amour ?
  • Chapitre 2. Un couple, ça se construit !
  • Chapitre 3. « Est-ce librement et sans contrainte ? »
  • Chapitre 4. Les piliers de l’engagement : « Oui, je veux t’aimer ! »
  • Chapitre 5. Parlons sexe !
  • Chapitre 6. Et Dieu, dans tout ça ?
  • Chapitre 7. « Papa, maman, lâchez-moi ! »
  • Chapitre 8. Conseils pratiques pour préparer son mariage
  • Conclusion : « Faire Alliance »

 

5 commentaires pour “« Et si on se mariait ? Comment savoir si on est prêt ? » (éditions de l’Emmanuel)”
  • Malou
    14 janvier 2014 -

    malheureusement le livre n’est pas encore paru aux éditions de l’Emmanuel .

    • Père Cédric
      17 janvier 2014 -

      Vous pouvez le commander sur le site des éditions de l’Emmanuel. Merci !