Un prix Nobel de paix pour l’UE !
12 octobre, 2012   //   Par :   //   schuman, europe   //   2 commentaires   //   1853 Vues

Le prix Nobel de la Paix vient d’être attribué ce vendredi à l’Union européenne (UE), a annoncé ce matin le comité Nobel norvégien : « L’UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme en Europe », a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland.

Bon nombre de commentateurs saluent cette initiative et certains vont jusqu’à dire qu’elle répare même un oubli malencontreux de notre histoire. Il est vrai que, ces dernières années, nous n’avons trop souvent vu en la construction européenne qu’un modèle économique qui devait servir à l’enrichissement toujours croissant des peuples, mais en oubliant son projet premier, et notamment celui de ses pères fondateurs : la paix et la réconciliation des peuples. D’aucuns considèreront qu’un tel prix peut sonner comme une provocation face au désamour des Européens pour ce qui leur a donné la paix. Soit ! Qu’il avance dans leur désespérance. Posons-nous, ici, une question : quelle leçon tirer de ce prix ?

62 ans après la célèbre déclaration de Robert Schuman (le 9 mai 1950) ; 55 ans après le traité fondateur de Rome, ce Nobel vient réparer un oubli historique : celui que l’Europe a un sens ; elle se fonde sur un projet. Et bon nombre de commentateurs s’accordent aujourd’hui pour dire que le projet européen, qui a permis de pacifier un continent blessé par tant de guerres, était l’un des « grands absents » de la famille des lauréats.

Mais sommes-nous allés jusqu’au bout de ce prix et de cette reconnaissance ? Certes, l’Europe est une fois de plus reconnue. Ce sont bel et bien les Pères de l’Europe qui nous ont légué ce bien inestimable et il nous revient aujourd’hui, une fois de plus, d’en prendre conscience, avec reconnaissance ! Il s’agit de l’Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech, du Néerlandais Johan Willem Beyen, de l’Italien Alcide de Gasperi, du Français Robert Schuman et du Belge Paul-Henri Spaak. Beaucoup de nos contemporains ont perdu le sens de l’histoire et ne se rendent pas compte de cela !

Célébrer ce prix, c’est donc, et surtout, aller jusqu’au bout de cette logique : accueillir ce don avec reconnaissance d’une part, mais aussi avec une certaine conscience : la paix – et donc l’Europe – nous est confiée chaque jour ! 
Souligner ce prix, cela doit signifier proposer un engagement européen plus fort ! Où sont les pères fondateurs d’aujourd’hui qui redonneront à l’Europe son espérance ?

Au moment où le scepticisme face à la construction de l’Europe semble dominer chez bon nombre, et particulièrement chez un certain nombre de chrétiens, nous devons retrouver la même audace que celle de Schuman, et de ses pairs.

Célébrer l’Europe, ce n’est pas se réjouir d’un projet purement économique qui nous sauverait de la crise que nous connaissons. Ainsi, Robert Schuman a-t-il encore quelque chose à dire à cette Europe des 27 ? Schuman a posé, il y a 60 ans, un acte de réconciliation. Ne croyons pas trop vite que cette thématique appartienne à l’histoire. Il y a des défis de réconciliation qui attendent l’Union Européenne aujourd’hui et demain. Jean-Paul II, dans un discours du 11 octobre 1988 au Parlement européen, avait déjà pointé trois défis lancés à l’UE dont la thématique principale est la réconciliation :

  • réconcilier l’homme avec la création, et je pense ici tout particulièrement aux défis écologiques et énergétiques qui nous attendent déjà ;
  • réconcilier l’homme avec son semblable : quel engagement dans la rencontre de l’autre et de sa culture ?
  • réconcilier l’homme avec lui-même, avec tous les défis de bioéthique notamment.

Que ferons-nous de ces défis ? Que ferons-nous de la paix ? C’est l’unique question que nous pose, aujourd’hui, ce prix Nobel !

 P. Cédric Burgun

2 commentaires pour “Un prix Nobel de paix pour l’UE !”
  • Würde
    13 octobre 2012 -

    Le projet européen devait se fondre sur des solidarités de fait ! Où en sommes-nous aujourd’hui ? Ce Nobel est mérité pour Monet et Schuman mais Messieurs Van Rompuy, Barroso et Shulz le méritent-ils ?